Obelix contre le reste du monde IX
Description
Été 2002 : les éditions Albert René, qui publient Astérix et Obélix, attaquent en justice le propriétaire de Mobilix — un site allemand consacré à Linux sur PDA et ordinateurs de poche, dont le nom contracte simplement « mobile » et « Unix ».
Le grief : une proximité phonétique avec « Obélix ». La cour de Munich écarte l'argument, et le site se rebaptise tout de même Tuxmobil. L'affaire semblait close, mais elle rebondit en 2005 devant le tribunal de première instance des Communautés européennes, où les mêmes éditions s'opposent cette fois à l'enregistrement de Mobilix comme marque communautaire.
Le raisonnement du tribunal vaut le détour : Mobilix évoque la mobilité, Obélix évoque un personnage corpulent connu dans toute l'Union — on ne parle pas de la même chose, donc on ne peut pas confondre. Demande rejetée, une fois de plus.
Mots-clés
Transcription
0:00 On continue notre cours d'histoire et cette fois-ci, on pourrait dire Obélix contre le reste du monde.
0:09 Durant l'été 2002, les éditions Albert René, ceux qui éditent les aventures d'Astérix et Obélix, ont attaqué devant la justice allemande Warner Husser, propriétaire du site Mobilix. Mobilix, c'est l'acronyme entre les mots mobile et unix. Bien sûr, c'était un site dédié au monde de Linux sur les PDA et ordinateurs portables.
0:30 Je vous rappelle, on est en 2002. Il était reproché au nom Mobilix d'être trop proche phonétiquement du mot Obélix, mot déposé par les éditions Albert René. La Cour de Munich déclare qu'une similarité d'écriture ou de signification entre les mots Obélix et Mobilix est exclue. Je vous épargne les détails. Depuis, Warner Husser optait alors pour le nom Tuxmobile.org.
0:56 Entre parenthèses, si on fait une recherche rapide sur tous les mots qui terminent par X, au moins dans la communauté du libre, il y en a à peu près plus de 500. On croyait cette affaire finie, mais un arrêt de tribunal de première instance des communautés européennes vient indirectement la remettre au goût du jour en 2005.
1:16 Dans cette affaire, cette fois-ci, on retrouve les éditions Albert René, toujours le papa d'Astérix et Obélix, mais cette fois-ci opposé à l'Office de l'harmonisation dans les marchés intérieurs, la OHMI. En effet, en 1997, la société Orange, l'opérateur, demandait à l'Office d'enregistrer une marque communautaire pour ses produits.
1:38 J'ai nommé Mobilix. Les éditions Albert René notent avec insistance qu'il y a plusieurs similitudes. Visuellement, quasiment la même longueur, une séquence similaire de lettres, et phonétiquement, il produirait des sons très similaires. Mobilix, Mobilix, voilà, dans un environnement bruyant, ça se rapproche énormément.
2:02 Bon, en tout cas, le tribunal, lui, note que les mots Mobilix et Obélix n'ont de signification sémantique dans aucune des langues officielles de l'Union Européenne. Donc, même s'il y a beaucoup de bruit, on ne peut pas confondre Mobilix et Obélix, car on ne parlerait pas du tout de la même chose. Et oui, il note que le terme Mobilix peut être facilement perçu comme faisant référence à quelque chose de mobile ou à la mobilité.
2:25 Et le terme Mobilix, quant à lui, même si le nom a été enregistré comme une marque verbale, c'est-à-dire sans référence visuelle au personnage de dessin animé, sera aisément identifié par le public moyen au personnage corpulent de la série de bandes dessinées, largement connue dans l'ensemble de l'Union Européenne. Bon, bref, c'est ainsi que le tribunal rejette encore une fois la demande des éditions Albert René.
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